Appel à contributions ​​. Colloque ​ • Le point de vue de nulle part (IA) • 03/04/2023

Résumé

Ce colloque international et interdisciplinaire vise à interroger et analyser l’idée selon laquelle l’intelligence artificielle (IA) proposerait un point de vue neutre, objectif et impartial, qui s’exprimer tant dans des données que des images, les théories que les applications. Des algorithmes aux drones, de la répartition des allocations sociales aux femmes effacées de l’histoire de l’IA, cette idée court partout et toujours s’agissant de l’IA. Ubiquitaire, elle apparait ainsi comme un « point de vue de nulle  part ». C’est sur cette tension entre ubiquité et point de vue de nulle part, cet implicite d’un spectateur ou d’une spectatrice neutre ou d’un impartial de l’IA que nous souhaitons porter la discussion en faisant dialoguer ensemble des perspectives éthiques, épistémologiques et esthétiques, théoriques et artistiques.

Argumentaire

L’Intelligence Artificielle est aujourd’hui devenue ubiquitaire tant elle s’est imposée dans tous les secteurs de notre vie, personnelle comme collective ou professionnelle. Cependant, ces dernières années, ont vu émerger puis s’imposer des énonciations des nombreux biais de l’IA, qui l’inscrivent parfois à l’opposé de la neutralité, de l’objectivité ou de l’impartialité qu’on lui confère (plus ou moins) spontanément. Ce colloque international et interdisciplinaire vise à interroger et analyser l’idée selon laquelle l’IA proposerait un point de vue neutre, objectif et impartial, qui s’exprimer tant dans des données que des images, les théories que les applications. Des algorithmes aux drones, de la répartition des allocations sociales aux femmes effacées de l’histoire de l’IA, cette idée court partout et toujours s’agissant de l’IA. Ubiquitaire, elle apparait ainsi comme un « point de vue de nulle  part ». C’est sur cette tension entre ubiquité et point de vue de nulle part, cet implicite d’un spectateur ou d’une spectatrice neutre ou d’un impartial de l’IA que nous souhaitons porter la discussion en faisant dialoguer ensemble des perspectives éthiques, épistémologiques et esthétiques, théoriques et artistiques.

On peut aborder la question de l’émergence d’un point de vue de nulle part en lien avec le développement de certains usages de l’intelligence artificielle notamment, mais non exclusivement, à partir de la prolifération des systèmes de surveillance qui tendent à saturer l’espace public comme l’espace privé. En effet, la machine ne traite pas la personne en tant que telle, mais sélectionne des traits pertinents pour élaborer des modèles statistiques en les croisant avec d’autres données, c’est-à-dire pour produire des profils à partir de représentation supra-individuelles qui deviennent des objets, voire un ça. Ça se démultiplie dans de multiples lieux d’inscription, invisibles, ou tout au moins invisibilisés, qu’il s’agisse des data centers ou de l’objectif de la caméra, qui est le plus souvent masqué sous une cloche opaque, rappelant le panoptique sans s’y réduire puisque ces données ne forment qu’une partie des flux traités. Quid de ma montre connectée ? De mon téléphone portable ? De mes transactions bancaires ? Et l’on pourrait multiplier cette liste à l’infini à partir du moment où l’objet technique devient une interface de collecte et de production de données.

En partant du point de vue de nulle part pour donner lieu, non pas à la production d’un collectif, mais à la collection de données, ne finit-on pas favoriser un point de vue médian et désancré, ou non situé, point de vue de tous, c’est-à-dire de personne ?

Il s’agira de commencer par interroger la notion de « point de vue de nulle part » dans l’histoire des idées afin de mettre en perspective comment cette notion a pu cristalliser l’une des dimensions essentielles de l’IA. L’idée d’un « point de vue de nulle part » trouvant ses sources dans de nombreuses approches (les sciences et technologies, la morale et la politique, l’économie, l’art etc.), il importera, plutôt que de privilégier l’un ou l’autre aspect, de chercher à comprendre à la fois comment et pourquoi cette idée a pu s’imposer, mais aussi pourquoi elle est problématique.

Le colloque s’organisera en 5 sessions :

1/ Mises en perspectives du point de vue de nulle part

2/ Approches épistémologiques, scientifiques et technologiques

3/ Approches éthiques et politiques

4/ Approches esthétiques et artistiques

5/ Session sur l’implémentation de la recommandation sur l’IA de l’UNESCO autour de la question de la diversité et de l’inclusion

ℹ️ https://calenda.org/1056745

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