Article scientifique
Autrices : Gizem Yüksek1,3, Aurélie de Boissieu2,3
1 Doctorante
2 Professeure
3 Laboratoire LNA, Université de Liège
DOI : https://doi.org/10.82585/qhp2-2796
[Résumé : Les récents progrès des IA génératives (IAG) ouvrent de nouvelles perspectives pour l’idéation architecturale, mais leurs impacts cognitifs restent peu explorés. Cet article aborde cette question en rendant compte d’une étude expérimentale menée entre 2022 et 2024 avec des étudiants en architecture et visant à interroger l’idéation instrumentée par les IAG au regard du champ du Design Cognition. L’analyse fine des processus d’idéation — rédaction de prompts, génération d’images et émergence d’idées — révèle des dynamiques cognitives clés. Celles-ci oscillent entre internalisation (intégration mentale d’idées) et externalisation (formalisation des idées émergentes sous forme de prompts ou croquis), entre convergence (fixation sur une idée) et divergence (exploration créative, parfois jusqu’à la saturation). Si ces processus sont bien connus dans le cadre de l’idéation instrumentée de façon traditionnelle (par le dessin à main levée par exemple), la façon dont ils se distinguent semble rejoindre les enjeux du numérique pour la conception, identifiés de façon plus large au regard de la conception computationnelle et des sensibilités et gestes induits par le numérique (lâcher-prise).]
[Abstract : Recent advances in generative AI (GAI) open up new perspectives for architectural ideation, but their cognitive impacts remain little explored. This article tackles this issue by reporting on an experimental study conducted between 2022 and 2024 with architecture students and aimed at examining ideation instrumented by IAGs from the perspective of the field of Design Cognition. A detailed analysis of the design processes – writing prompts, generating images and generating ideas – reveals key cognitive dynamics. These oscillate between internalisation (mental integration of concepts) and externalisation (translation into prompts or sketches), between convergence (fixation on an idea) and divergence (creative exploration, sometimes to the point of saturation). While these processes are well known in the context of ideation instrumented in the traditional way (by freehand drawing, for example), the way in which they differentiate themselves appears to resonate with the broader issues of the digital in design, as identified within the field of computational design and the sensitivities and gestures induced by digital practices (letting go).]
