Article scientifique
Autrice : Eglantine Bigot-Doll1,2,3
1 Maîtresse de conférences TPCAU, Docteure en architecture
2 Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne, Rennes
3 GRIEF, associée MAP-Aria
DOI : https://doi.org/10.82585/5g5c-cz25
[Résumé : Si le sommeil de la raison engendre des monstres, alors que produisent les images générées par IA en termes de renouvèlement des imaginaires ? Pourraient-elles constituer l’incarnation d’un inconscient collectif, d’impossibles voire d’interdits architecturaux ? Cette matière factice engendre de nouvelles réalités par contamination du réel, et nos imaginaires sont désormais soumis à cette délégation particulière, conformément à toute technique telle que définie par Gilbert Simondon et Bernard Stiegler. Cette extériorisation à priori paresseuse de ladite intelligence par le prompt en tant que point de contact est-elle réellement une menace pour l’intelligence biologique ou bien saurait-elle au contraire porter l’architecte vers une forme d’individuation plus déraisonné et désinhibée ? À travers des exemples développés notamment en situation pédagogique, nous tenterons de déconstruire la relation entre impossible et plausible quant à l’hyperréalité véhiculée par ces représentations spécieuses. À ce titre, des concepts empruntés à la théorie de l’architecture et de la représentation, à la philosophie et à la psychanalyse seront mobilisés.]
[Abstract : If the sleep of reason produces monsters, what do AI-generated images produce in terms of renewing our imaginations? Could they be the embodiment of a collective unconscious, of architectural impossibilities or even prohibitions? This artificial material generates new realities by contaminating reality, and our imaginations are now subject to this particular delegation, in accordance with any technique as defined by Gilbert Simondon and Bernard Stiegler. Is this seemingly lazy externalisation of so-called intelligence through the prompt as a point of contact really a threat to biological intelligence, or could it, on the contrary, lead architects towards a more unreasonable and uninhibited form of individuation? Through examples developed particularly in an educational context, we will attempt to deconstruct the relationship between the impossible and the plausible in terms of the hyperreality conveyed by these specious representations. To this end, concepts borrowed from architectural and representation theory, philosophy and psychoanalysis will be mobilised.]
